Qwant, le retour !

Jean-Claude Ghinozzi, PDG de Qwant.

Après une refonte technique et un recentrage sur sa première activité de moteur de recherche, Qwant semble retrouver un bon rythme de croisière.

Hugo Venturini, le CTO de Qwant, l'affirme : "il y a une part de renouveau. Au début de 2020, nous avons voulu insuffler quelque chose de différent en interne. Cela commence à se voir en dehors". L'idée était de s'appuyer sur les forces de l'entreprise et de combler les faiblesses de la solution. La première étape a été de se recentrer sur le coeur de l'activité, le moteur de recherche qui respecte la vie privée, à travers une technologie propriétaire ou "du moins autonome avec beaucoup de briques open source" comme le précise Hugo Venturini. Il n'a pas fallu tout reprendre de zéro et les équipes de Qwant se sont attelées aux besoins les plus urgents : la refonte de l'interface (frontend) et le changement des technologies qui sous-tendaient l'index du moteur de recherche pour une meilleure performance des réponses aux requêtes.

Aujourd'hui la solution fonctionne sur un environnement bare metal sur Ansible et Gitops. La refonte technique s'est accompagnée d'un changement d'organisation en interne pour apporter plus d'agilité et une priorisation plus rigoureuse des projets à mener. Ainsi un système plus poussé d'AB Testing (procédure utilisée en marketing et qui permet de mesurer l'impact d'un changement de version d'une variable sur l'atteinte d'un objectif comme un clic, une validation, le remplissage d'un formulaire, etc..)  a été mis en place. Pour le frontend, la solution est sortie de l'ancien banc de travail sur React et Node.js pour passer sur Javascript. il est disponible depuis la fin mars.

Le deuxième axe a été de retrouver de l'autonomie vis à vis des publicités apportées par le moteur de Microsoft, Bing. Hugo Venturini précise : "ces plates-formes apportent une culture et un regard américain. Cela s'appuie sur des subtilités culturelles qui induisent des biais de réponse ou des points sur lesquels ils ne répondent pas ou pas bien. nous voulons préserver une certaine alternative et la possibilité de répondre différemment". Hugo Venturini conclut : "nous avons le désir d'insuffler une technologie respectable".

Hugo Venturini, CTO de Qwant © Alizée Gau


Un pari réussi

Jean-Claude Ghinozzi est confiant dans la solution : « Offrir un moteur de recherche européen, solide technologiquement et économiquement, tout en préservant la vie privée et en fournissant des résultats sans biais et toujours plus pertinents, est nécessaire et possible. Nos résultats de 2020 et nos perspectives de 2021 sont très encourageants et confortent le positionnement de Qwant comme une véritable alternative aux moteurs des géants du web. »

Plus concrètement le moteur a connu une croissance de 34 % du nombre des requêtes pour atteindre de 2,7 milliards de requêtes en 2020. Le chiffre d'affaires brut augmente dans la même proportion à 8,5 M€ en 2020, soit un chiffre d’affaires comptable de 7,5 M€ net en 2020 (audit en avril 2021). les pertes pour 2020 sont divisées par près de 2 et s’établissent désormais à environ 13 M€. 30 % des économies réalisées proviennent de la réduction des frais fixes et d'activités non stratégiques discontinuées. 13 % des revenus proviennent de la présence extérieure en Europe.

Les requêtes mensuelles « monétisables » actuelles sont supérieures à 200 M par mois. D’ici fin 2021, l’ambition est d’atteindre 300 M de requêtes mensuelles grâce au développement de l'audience.

Pour accélérer sa croissance, notamment à l’étranger, Qwant est sur le point de lever au moins 20M€ auprès d’investisseurs privés, financiers et industriels. La levée de fonds permettra à l'entreprise de continuer à développer et renforcer sa technologie, son infrastructure et d’accélérer la croissance de son audience en France et de répondre à la demande du marché allemand.