Jeff Immelt pressenti à la tête d’Uber

L’ancien patron de General Electric aurait les faveurs de la majorité du Conseil d’Administration de l’entreprise de VTC. Un vote pourrait intervenir dans les deux prochaines semaines car le temps presse.

Uber est actuellement pris dans une spirale qui pourrait s’avérer désastreuse voire mortelle. En effet, les nombreux déboires de son fondateur et précédent dirigeant Travis Kalanick l’ont conduit à quitter la direction de l’entreprise. Toutefois, il souhaiterait continuer à occuper un poste au Conseil d’Administration, ce qui n’est pas du goût d’une majorité d’administrateurs. Une plainte contre M. Kalanick a d’ailleurs été déposée par Benchmark, l’un des investisseurs historiques d’Uber, preuve que la crise est très sérieuse. Plusieurs observateurs attentifs précisent que les salariés sont démoralisés et démobilisés et c’est dans ce contexte que le concurrent Lyft reprend de sa superbe et commence à inquiéter Uber dans certaines villes américaines.

Un homme rassurant...

Il est donc plus qu’urgent de réorganiser l’entreprise et faire oublier certaines des pratiques « borderline » de M. Kalanick. Pour lui succéder, la piste qui tient aujourd’hui la corde est la nomination de Jeff Immelt, ancien CEO de General Electric. M. Immelt aurait le soutien d’une bonne partie du conseil d’administration et tout particulièrement d'Ariana Huffington, donatrice du journal éponyme. Plusieurs cadres dirigeants seraient également favorables à cette nomination. Son profil serait également de nature à rassurer les investisseurs dans une perspective d’une prochaine introduction en bourse.

... mais pas du sérail

Cependant, il existe également des oppositions sérieuses pour plusieurs raisons. La première est que M. Immelt n’est pas un homme de la « tech » bien qu’il en ait apprécié l’importance lors de ses années chez GE où il s’est attaché à développer un Internet industriel. La seconde est que s’il est un patron chevronné, il n’a pas le profil d’entrepreneur qui pourrait mieux correspondre à une jeune entreprise comme Uber. Enfin, M. Immelt n’est pas un homme de la Silicon Valley mais de la côte Est. Acceptera-t-il de changer d’océan ?

M. Immelt a passé 16 années à la tête de General Electric avant de démissionner au mois de juin dernier sous la pression d’investisseurs peu satisfait de ses dernières décisions. Le vote pourrait intervenir dans les deux prochaines semaines.